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Découvrir que son enfant est victime de harcèlement, c’est un choc. On se sent souvent démuni, parfois coupable de ne pas l’avoir vu plus tôt, et surtout pressé d’agir, sans toujours savoir comment.

Cet article est là pour ça : vous donner des repères étape par étape.

Qu’est-ce que le harcèlement scolaire, exactement ?

Le ministère de l’Éducation nationale le définit comme une violence répétée, verbale, physique ou psychologique, exercée par un ou plusieurs élèves contre un individu qui ne peut pas se défendre [1]. Insultes, surnoms, mises à l’écart, coups, ou messages blessants à répétition : dès que c’est répété et déséquilibré, on parle de harcèlement.

Quand cela se poursuit en ligne (réseaux sociaux, messageries, jeux), on parle de cyberharcèlement. Les deux vont souvent ensemble, et le second prolonge le premier jusque dans la chambre de l’enfant, sans répit.

⚖️ Important : le harcèlement est un délit, puni par la loi. Ce n’est jamais « un truc de gamins » ni un passage obligé de la vie scolaire.
Enquête du ministère · novembre 2025
3 %
des écoliers
(CE2 au CM2)
4 %
des collégiens
2 %
des lycéens

Filles et garçons autant touchés. L’apparence physique est l’un des premiers motifs de moqueries.

Reconnaître les signes

Un enfant harcelé le dit rarement de lui-même. La honte, la peur des représailles ou l’impression que « ça ne servira à rien » le poussent au silence. C’est souvent à l’entourage de repérer les signaux, mais ne culpabilisez pas de ne pas les avoir vus plus tôt : j’ai justement rédigé cet article pour vous aider à les décoder.

Quelques signes qui, réunis, doivent alerter : il ne veut plus aller à l’école, ou a très fréquemment mal au ventre le matin ; ses résultats chutent ; il s’isole, dort mal, et son appétit change (il mange beaucoup moins, ou au contraire de façon compulsive) ; il devient irritable ou éteint ; il « perd » ou « casse » régulièrement ses affaires ; il évite certaines activités (le sport, la cantine, la piscine) ; son rapport au téléphone change brusquement, il le cache, s’en détourne ou en semble anxieux.

Aucun signe ne prouve à lui seul un harcèlement. Mais plusieurs ensemble méritent que vous ouvriez la conversation.

Quand le corps devient une cible

Le harcèlement s’attaque très souvent à ce qui rend « différent » : le poids, le style vestimentaire, une particularité physique… et tout ce qui touche au corps qui change à l’adolescence, comme la transpiration.

Quand la moquerie porte sur la transpiration

Un ado qui transpire plus que les autres devient une cible facile : les auréoles se voient, il peut aussi y avoir des odeurs, parfois les deux, et tout cela est injustement associé au manque d’hygiène. Le jeune vit alors dans la peur d’être « démasqué » et se met en retrait. Bonne nouvelle : il existe des solutions pour réduire cette transpiration et l’aider à se sentir mieux.

Lire : Mon enfant transpire et en souffre à l’école →

Que faire, concrètement ? Les étapes

  1. Écoutez, sans dramatiser ni minimiser
    La première chose dont votre enfant a besoin, c’est d’être entendu. Accueillez ce qu’il ressent : « Je comprends que ça te blesse, et tu as bien fait de m’en parler. » Évitez à la fois de paniquer (il se refermera pour vous protéger) et de minimiser (« ça va passer, n’y fais pas attention »). Ne promettez pas non plus d’agir dans son dos : dites-lui ce que vous comptez faire, et avancez avec lui. Il a besoin de sentir qu’il garde la main.
  2. Contactez l’établissement
    C’est l’étape clé. Depuis 2023, toutes les écoles, collèges et lycées ont l’obligation d’appliquer le dispositif pHARe, le programme national de lutte contre le harcèlement [3]. Il prévoit un protocole précis, du signalement jusqu’à la résolution.
    Prenez rendez-vous avec la direction, ou demandez à parler au coordonnateur harcèlement de l’établissement. Exposez les faits calmement, par écrit si possible (dates, lieux, propos). Si le dialogue avec l’établissement est difficile, vous pouvez saisir la ligne académique, qui vous mettra en relation avec un responsable dédié.
  3. Appuyez-vous sur les numéros dédiés
    Ils sont gratuits, et là pour vous comme pour votre enfant (voir ci-dessous)
  4. Portez plainte si la situation le justifie
    Le harcèlement étant un délit, vous pouvez porter plainte contre les auteurs, notamment en cas de violences ou de cyberharcèlement. La plateforme Ma sécurité peut vous accompagner dans cette démarche. Conservez les preuves : captures d’écran, messages, certificats médicaux le cas échéant.
☎️ Les ressources à connaître
3018 · harcèlement et cyberharcèlement
Gratuit, anonyme, confidentiel. 7j/7 de 9h à 23h. Pour les victimes, les témoins et les parents. Par téléphone, par tchat sur 3018.fr, ou via l’appli 3018. Les écoutants peuvent aussi faire retirer rapidement des contenus en ligne.
Fil Santé Jeunes · 0 800 235 236
Pour les 12-25 ans, afin de parler de tout ce qui préoccupe (mal-être, corps, santé). Gratuit et anonyme, 7j/7 de 9h à 23h. Écoutants psychologues et médecins.
Ma sécurité · masecurite.interieur.gouv.fr
Plateforme du ministère de l’Intérieur : tchat 24h/24 avec un policier ou un gendarme, et accompagnement au dépôt de plainte.

A éviter

⚠️ Les réflexes à éviter
Contacter vous-même les parents du harceleur. Ça envenime presque toujours la situation. Passez par l’établissement, c’est son rôle.
Demander à votre enfant de « rendre les coups ». Cela le met en danger et lui fait porter une responsabilité qui n’est pas la sienne.
Minimiser… ou dramatiser. Votre calme est rassurant. Il a besoin de sentir que la situation est prise au sérieux et qu’elle est gérable.
Le changer d’école dans la précipitation. Parfois utile, mais après avoir épuisé les recours, et jamais comme si c’était à lui de « fuir ».

Aider votre enfant à reprendre confiance

Au-delà de l’urgence, le harcèlement laisse des traces sur l’estime de soi. Aider votre enfant à se reconstruire est aussi important que faire cesser les faits.

Valorisez ce qu’il aime et ce dans quoi il se sent bon, en dehors de l’école. Encouragez les activités qui lui redonnent confiance et un cercle social positif. Et si vous le sentez durablement affecté, n’hésitez pas à consulter un psychologue : parler à un professionnel n’est pas un aveu d’échec, c’est un soutien.

Quand la moquerie porte sur le corps, comme la transpiration, agir sur la cause concrète aide aussi à retrouver confiance. Se sentir mieux dans son corps, c’est se sentir moins vulnérable au regard des autres.

L’essentiel à retenir

Face au harcèlement, vous n’êtes pas seul, et vous n’êtes pas impuissant. Les étapes sont simples : écouter votre enfant, contacter l’établissement (dispositif pHARe), vous appuyer sur les numéros dédiés (3018, Fil Santé Jeunes, Ma sécurité), et porter plainte si nécessaire.

Et rappelez-vous : votre enfant n’est pas responsable de ce qu’il subit. Il est important de lui montrer qu’il n’est pas seul, de le soutenir tout simplement.

ℹ️ Cet article ne remplace pas un professionnel. Si votre enfant traverse une période difficile, parlez-en à votre médecin, à l’infirmier·e scolaire, ou appelez les numéros ci-dessus. En cas de détresse, ne restez jamais seul·e face à la situation.

La transpiration est l’un des motifs de moqueries à l’école

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Et pour aller plus loin : Mon enfant transpire beaucoup et en souffre à l’école

Sources
[1] Ministère de l’Éducation nationale, définition du harcèlement . [2] Ministère de l’Éducation nationale, enquête harcèlement de novembre 2025. [3] Ministère de l’Éducation nationale, dispositif pHARe. [4] info.gouv.fr, « Le harcèlement à l’école » (numéro 3018 et plateforme Ma sécurité). [5] Fil Santé Jeunes (0 800 235 236).

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